Fleurs et feuilles de Tabac comme note olfactive des bougies, fondants et autres diffuseurs de parfums d'intérieur de Niõ
Signature / Boisé

Tabac

Le tabac déploie une chaleur miellée, sèche, d’une élégance feutrée : ses feuilles séchées exhalent des nuances de fruits secs, de cire d’abeille et de foin coupé. Son parfum s’ouvre sur une profondeur fumée et mystérieuse, affranchie de toute rudesse – la sensualité d’un fumoir de bibliothèque plutôt que l’odeur d’un cendrier. Une signature de caractère, pensée pour les fins de soirée et les fauteuils profonds, où chaque souffle réchauffe la pièce comme une braise couverte, sans jamais la brûler.

EN BREF – L’ESSENTIEL SUR TABAC

  • L’accord tabac blond évoque le tabac séché et aromatisé – facette miellée, cireuse, fruitée et boisée – jamais la cigarette froide.
  • L’absolue de tabac est obtenue par extraction aux solvants volatils des feuilles séchées et fermentées, principalement de tabac cultivé en Bulgarie, en Turquie et dans le sud de la France.
  • La note appartient à la famille des boisés-balsamiques épicés, en note de fond chaleureuse idéale pour salons de lecture et bureaux.
  • Jean Nicot présenta le tabac à Catherine de Médicis en 1560 comme remède : « l’herbe à la Reine » donna son nom à la nicotine, et Linné consacra le genre Nicotiana en son honneur.

Le tabac, des rituels amérindiens aux salons de la cour

Le tabac déploie en parfumerie une richesse aromatique complexe mêlant cire d’abeille, foin coupé et fruits secs. Originaire des Amériques, il était utilisé par les peuples autochtones bien avant l’arrivée des Européens : les Aztèques le nommaient picietl et le brûlaient lors de cérémonies rituelles pour honorer les dieux, tandis que les chamanes d’Amazonie en aspiraient la fumée pour entrer en transe et communiquer avec les esprits. En 1492, Christophe Colomb et ses hommes furent les premiers Européens à observer des indigènes des Bahamas fumant des feuilles roulées.

En 1560, Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, présenta à la reine Catherine de Médicis de la poudre de cette plante pour soigner ses terribles migraines. Le remède s’avérant d’une redoutable efficacité, l’herbe fut baptisée « l’herbe à la Reine » et la cour entière l’adopta. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la tabatière, boîte précieuse d’or, de laque ou de porcelaine, devint même un bijou à part entière : offerte, collectionnée, portée au poignet comme un accessoire de séduction.

Nicot donna son nom à la nicotine, la molécule active du tabac, et Linné consacra le genre Nicotiana en hommage à ce diplomate aux talents de botaniste amateur. La plante conquit les élites par la plante à priser et par le théâtre : Molière, en ouverture de son Dom Juan (1665), en exaltait la passion.

DANS LA LITTERATURE
« Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac » : la plus célèbre des apologies de la feuille, prononcée en ouverture de Dom Juan en 1665.

Fait méconnu : le tabac appartient à la famille des Solanacées, comme la tomate, la pomme de terre et la morelle, et ses fleurs, d’un blanc délicat ou d’un rose tendre, dégagent un parfum sucré et capiteux – la plante est, littéralement, parfumée par nature. Et son histoire olfactive en Europe commence d’ailleurs dans les mêmes jardins que la tubéreuse : à Versailles, où la cour du XVIIe siècle, friande de puissantes fragrances, cultivait jasmin, tubéreuses et jacinthes dans le Jardin du Parfumeur pour se parfumer des fleurs mêmes qu’elle aimait.

LE SAVIEZ-VOUS ?
« Avant d’être une feuille qui fume, le tabac fut une herbe à renifler : c’est par le nez, à la cour, qu’il conquit l’Europe. »

C’est cette histoire de plante noble et ritualisée – des cérémonies aztèques aux tabatières ciselées de la cour – que l’accord tabac blond capture en parfumerie d’intérieur : non pas l’odeur du cendrier, mais celle, feutrée et miellée, des feuilles séchées et fermentées, héritière directe des usages sacrés et aristocratiques de la plante.

Tabac en parfumerie d’intérieur

L’absolue de tabac utilisée en parfumerie d’intérieur n’a rien à voir avec la cigarette froide : elle est obtenue par extraction aux solvants volatils des feuilles et fleurs séchées et fermentées de tabac blond, cultivées principalement en Bulgarie, en Turquie et dans le sud de la France. La fermentation développe une palette aromatique d’une richesse inouïe – facettes miellées, cireuses, légèrement fruitées et profondément boisées – dans une matière brune et sirupeuse d’exception. Note de fond de la famille des boisés-balsamiques épicés, ce parfum habille salons de lecture et bureaux d’un sillage noble et feutré. Il se marie à l’absolue de miel, à la vanille bourbon ou à la fève tonka pour des accords exotique d’un confort addictif et persistant.

Tabac chez Niõ

Les feuilles et fleurs de Tabac sont notre note la plus signature et assumée – chaleureuse, miellée, légèrement fumée, avec ce fond de fruits secs et de cuir qui la rend immédiatement reconnaissable. Chez Niõ, nous le coulons à la main en cire végétale, avec des fragrances conformes aux normes IFRA, dans des compositions orientales et boisées, loin de la cigarette froide, toujours du côté du tabac de pipe séché et aromatisé. Associé à la fève tonka ou à l’ambre, il compose certaines de nos fragrances d’automne/hiver les plus profondes, celles que l’allume le soir, quand il n’y a nulle part où aller.