Tubéreuse comme note olfactive dans les bougies et parfums d'intérieur Niõ
Floral

Tubereuse

La tubéreuse est une splendeur florale blanche, captivante et quasi narcotique, qui s’épanouit après le coucher du soleil dans un halo de mystère. Son parfum est un nectar riche de crème, de jasmin sauvage et d’indole sensuel, qui bouscule les conventions de son opulence sacrée. Une signature royale qui embaume la maison d’une présence inoubliable – la fleur qui refuse de se fondre dans le décor, et que le salon retient longtemps après son passage.

EN BREF – L’ESSENTIEL SUR TUBEREUSE

  • La tubéreuse est un floral blanc capiteux, crémeux, vert et indolé, parmi les notes les plus polarisantes et inoubliables de la palette du parfumeur.
  • Son absolue est aujourd’hui principalement produite en Inde, à Mysore, où les fleurs sont effeuillées à la main avant extraction.
  • La tubéreuse (Polianthes tuberosa) est une succulente cousine de l’agave, non une fleur à bulbe, et sa floraison peut dépasser le mètre de haut.
  • Les Aztèques l’appelaient omixochitl, « fleur d’os », pour sa pâleur nacrée, et la cultivaient dans les jardins flottants de Xochimilco.

La tubéreuse, la fleur interdite des jardins de nuit

Originaire des hauts plateaux mexicains où les Aztèques l’appelaient omixochitl (« fleur d’os ») en raison de sa pâleur nacrée et de son parfum entêtant, la tubéreuse était cultivée dans les jardins flottants de Xochimilco et servait à parfumer le chocolat rituel réservé à l’empereur Moctezuma. Introduite en Europe au XVIIe siècle par les conquistadors espagnols, elle fut d’abord acclimatée dans les jardins botaniques de Padoue et de Leyde avant de gagner la Provence , et les jardins de Versailles, où la cour du XVIIe siècle, friande de fragrances puissantes, cultivait la fleur pour se parfumer elle-même.

Durant la Renaissance italienne, il était formellement interdit aux jeunes filles célibataires de traverser les jardins de tubéreuses à la tombée de la nuit : la crainte était que l’opulence quasi narcotique et érotique de ses effluves, intensifiés après le coucher du soleil, ne provoquât en elles des pensées impures. En Inde, elle est nommée Ki Rani, « la courtisane de la nuit ». Le poète irlandais Thomas Moore, dans Lalla Rookh, la célèbre comme la maîtresse de la nuit qui, « telle une mariée parfumée et lumineuse, s’avance lorsque le soleil s’éteint ».

Dans la littérature :
« Telle une mariée parfumée et lumineuse, elle s’avance lorsque le soleil s’éteint », écrit Thomas Moore – la fleur promise à la nuit, jamais au matin.

“The tuberose, with her silvery light,
That in the gardens of Malay
Is called the Mistress of the Night,
So like a bride, scented and bright;
She comes out when the sun's away.”

Thomas Moore (Lalla Rookh)

Fait botanique fascinant : la tubéreuse (Polianthes tuberosa) est une plante succulente cousine de l’agave, et non une fleur à bulbe comme le laisse croire son nom. Ses hampes florales, pouvant atteindre un mètre de haut, s’épanouissent en épis de fleurs blanches cireuses dont le parfum, d’une intensité presque insoutenable, est libéré en continu pendant plusieurs semaines.

Au XIXe siècle, elle était la fleur fétiche des serres chaudes de l’aristocratie européenne – cultivée massivement autour de Grasse, elle embaumait alors des campagnes entières à la fin de l’été, et son essence, extraite par enfleurage à froid, un procédé long et coûteux consistant à déposer les pétales sur des plaques de graisse inodore – comptait parmi les plus précieuses de la parfumerie. Un procédé aujourd’hui quasi disparu des ateliers, remplacé par des techniques plus efficaces, mais qui a fait la légende de la matière.

La fleur conserve aujourd’hui encore son pouvoir de fascination intact, jusque dans les jardins du château de Versailles où un Jardin du Parfumeur perpétue sa culture.

LE SAVIEZ-VOUS ?
« La nuit lui donne sa force : cueillie au matin, la tubéreuse ne sent presque rien ; attendue au soir, elle emplit la pièce entière. »

C’est cette démesure sacrée, opulence crémeuse, verdeur, sensualité indolée, que les parfumeurs capturent depuis quatre siècles, et qui rend toute composition tubéreuse immédiatement reconnaissable.

Tubéreuse en parfumerie d’intérieur

La tubéreuse est une fleur de caractère qui rejoint la famille des floraux blancs capiteux en parfumerie d’intérieur. Son absolue est principalement produite en Inde, dans la région de Mysore, où la tradition veut que les femmes effeuillent les fleurs à la main pour en libérer le parfum avant l’extraction. Cette opulence narcotique, à la fois crémeuse, verte et indolée, en fait l’une des notes florales les plus polarisantes et inoubliables de la palette du parfumeur. Prisée pour composer des atmosphères de réception d’un luxe théâtral, elle s’associe divinement au bois de santal pour accentuer son onctuosité crémeuse, ou s’équilibre avec des notes zestées de citron de Sicile pour éclairer son cœur narcotique d’une fraîcheur chic et contemporaine.

Tubéreuse chez Niõ

La tubéreuse est notre floral le plus audacieux, opulent, capiteux, presque narcotique, elle ne convient pas à tous les espaces et c’est exactement son intérêt. Chez Niõ, nous la coulons à la main en cire végétale, avec des fragrances conformes aux normes IFRA, et nous la travaillons avec précision pour domestiquer sa puissance sans l’éteindre : un accord tubéreuse Niõ doit rester séduisant sans devenir oppressant. C’est notre fragrance pour les soirées et les espaces de réception, ceux où l’atmosphère doit être immédiatement et délibérément mémorable. Rien de discret, et c’est voulu.